LE CABESTAN DE DURAVEL

 

HISTORIQUE : Un vestige de la navigation

 

Références :

-Témoignage oral de Mr Durou domicilié à Vire/Lot

-Baux Etienne, professeur d’histoire à l’université de Lettres et sciences humaines à Toulouse, auteur de « Sur le Lot au temps de la navigation ».

- Delvit Philippe, Maître de Conférences, Directeur Adjoint de la Faculté d’Administration Economique et Sociale à Toulouse, auteur de « Le Lot de Louis XIV à Charles X ».

La construction de ce cabestan date des années 1730. Il devait servir à remonter les bateaux en provenance de Bordeaux grâce à un treuil prolongé par une corde. C’est pourquoi les anciens le connaissent sous le nom de « tour ».

Le Lot était au XVIIIème siècle un des axes majeurs du commerce aquitain. Les provinces du Rouergue et du Haut Quercy envoyaient des métaux, des céréales, des châtaignes, des fromages, du bois et surtout du vin. Quatre à cinq mille tonneaux par an partaient pour Bordeaux au début du XVIIIème siècle. En retour, les bateaux transportaient du sel, des poissons séchés et du blé lors des années de disette en Quercy.

Le passage de La Croze était particulièrement dangereux puisque la chute d’eau était de 90 cm. Les bateaux passaient par une brèche ouverte dans la digue sur le côté opposé au moulin qu’on appelait passelis. Cet aménagement du cours d’eau comporte de gros blocs de pierres jetés dans la rivière, qui sont dangereux pour la navigation. Les conflits étaient alors nombreux entre les propriétaires du moulin qui souhaitaient une digue étanche et la plus verticale possible et les bateliers qui désiraient un passelis plus large, une chute moins rapide pour éviter que l’étrave des bateaux ne se fracasse contre ces gros rochers.

Les bateaux ne pouvaient remonter les « sauts de la rivière » qu’à la force des bras à moyennes eaux.

De nombreux cabestans et passelis jalonnaient le Lot et ont été détruits avec la construction des écluses.

Seul le cabestan de Duravel a résisté et demeure unique sur le cours du Lot.

DESCRIPTION :Une architecture originale.

Cet édifice a une forme carré de l’extérieur, de 7m X 7m environ. Il est recouvert par un toit à quatre pans en pierre. De l’intérieur, cette toiture se présente sous la forme d’un savant assemblage de grosses pierres et pas d’une superposition de pierres plates comme dans une gariotte. On y pénètre par une belle porte en arc en berceau.

L’intérieur de forme arrondie a un diamètre de 6m, ce qui offre une superficie de presque 30m2. La voûte intérieure est soutenue par des murs dont l’épaisseur varie entre 1,20m et 1,80m. Deux encoches sur les côtés témoignent de la présence d’un treuil. Autour de celui-ci s’enroulait une corde qui au travers de la porte hâlait les bateaux.

Ce rescapé de l’histoire, à l’architecture singulière, témoin du temps ou le Lot était navigué, mérite un sort plus enviable que celui de périr sous un épais manteau végétal.