Une colonne retrouvée !

 

Plusieurs siècles après son réemploi, ce fut de colonne tombait dans l'indifférence. Son aspect grisâtre pouvait l'assimiler à un vulgaire poteau en  béton.

                                                             

  Les archives possédées par le CHVP énonçaient un vestige en marbre issu d'une construction antique.  Sur l’initiative de l’association et l’appui financier de la commune de Duravel, une opération de restauration a été réalisée.

 

 Avec une infinie précaution, Mme Mairi Venables, restauratrice professionnelle d'objets d'arts, s'est attachée à un méticuleux nettoyage, puis la pose d'un film protecteur, dont elle garde le secret. Le vestige Gallo-Romain n'a subi aucune abrasion, pour respecter ce noble matériau qui vient des carrières Pyrénéennes. Cette belle pièce deux fois millénaire est toute excusée de ses rides qui lui conférent un profond respect. Le circuit historique de Duravel va désormais l'intégrer dans le nombre de ses stations dés le printemps prochain.                                                                            

  Le CHVP poursuit inlassablement sa volonté de préservation et de valorisation du patrimoine local, indéfectiblement soutenu par la municipalité de Duravel.

 Colonne Gallo Romaine réutilisée sur un calvaire

 

Antérieurement placée à l'opposé de sa position actuelle, ce calvaire portant la date 1765, supporte une colonne polychrome provenant d'une construction antique dont on ne peux pas préciser la nature. Le marbre utilisé pour sa fabrication relève d'un goût affirmé pour le faste et l'évidente richesse des propriétaires d'alors. Le récent nettoyage et les opérations de conservation ont révélé des couleurs caractéristiques, permettant de situer avec une grande probabilité la carrière d'origine.

Il s'agirait de la vallée de l'Adour, la carrière de griotte de l'Espiadet dans la commune de Sainte Marie de Campan. L'acheminement du matériau était possible grâce à la présence de l'Adour, affluent de la Garonne. Les voies terrestres, largement développées par Auguste et Agrippa dés le 1er siècle de notre ère permettaient ensuite la livraison sur place.

Une étude sérieuse, publiée sur Persée nous renseigne plus précisément.

 

LES GRIOTTES :

 

« Calcaires du Dévonien, caractérisés par une grande variété de structures et de teintes, du vert au rouge, ces matériaux sont communément dénommés marbre de Campan ou cipollino mandolato.

D'est en ouest, au sud de la faille, ils affleurent en de très nombreux points des Pyrénées centrales, mais on peut distinguer principalement trois zones de production.

Dans la vallée de l'Adour, le gisement de l'Espiadet, commune de Sainte Marie-de-Campan, présente plusieurs types de griottes, dont les plus caractéristiques sont très colorés, rouge et vert, avec de grandes veines de calcite blanche. L'exploitation moderne, continue depuis le XVIIe s., semble avoir détruit tous les fronts de carrière antérieurs, mais l'exploitation antique est cependant attestée par l'utilisation courante de ce matériau sur les sites antiques du sud ouest de la Gaule »

 

Fabre Jean-Marc, Sablayrolles Robert. Carrières de marbre des Pyrénées centrales.                         Le point sur la recherche. In : Gallia, tome 59, 2002. pp. 61-81 ;      doi : 10.3406/galia.2002.3097

http://www.persee.fr/doc/galia_0016-4119_2002_num_59_1_3097

 

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