Longtemps passée sous silence, cette lointaine époque dite préhistorique revient à la surface grâce aux travaux analytiques de Mr Alain Turq. L'évidence d'une occupation humaine remontant au paléolithique ancien ( 500 00 à 200 000 ans) jusqu'au Néolithique ( 5000-2200 avant JC ) place Duravel et son proche environnement dans une position remarquable, digne d'intérêt. Nous remercions vivement Mr Alain Turq pour son aimable collaboration

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PRÉHISTOIRE DE DURAVEL :

Synthèse proposée par A. Turq

 

 

 

Dès l’arrivée des hommes dans la région le territoire de la commune a été parcouru, de façon plus ou moins intense et intermittente, par les chasseurs-cueilleurs paléolithiques, puis les agriculteurs-éleveurs néolithiques et enfin les premiers métallurgistes.

En l’absence de fouilles, la plupart des découvertes ont été faites sur les plateaux, dans les labours, à un moment où les surfaces cultivées étaient plus importantes et où le travail des exploitants agricoles se faisait au pas de leurs bêtes. C’est en observant la terre qu’ils retournaient que bifaces et haches polies, pièces qui attiraient leur attention ont été récoltées. Principaux constituants des anciennes collections comme celle du préfet Paysan (Turq 2014) et de M. R. Couderc instituteur à Montcabrier (Clottes, Carrière 1972) certains objets ont été publiés par G. de Mortillet (1900) et A. Viré (1910).

Durant le dernier quart du vingtième siècle et ses dernières années de nombreuses prospections ont été conduites par plusieurs passionnés notamment G Humbert, P Badoc, G. Séraphin, A. Rousseau et A. Turq. Dans la plupart des cas l’ensemble du matériel affleurant a été récolté. Le produit de ces récoltes est soit conservé chez eux soit a rejoint les collections des musées : musée A. Lemozi du Pech-Merle à Cabrerets (Lot) ou au Musée national de Préhistoire de Eyzies (Dordogne).

 

 

PALÉOLITHIQUE ANCIEN  (500 000 à 200 000 ans)

 

Il est attesté dans la collection du préfet Paysan constituée durant la seconde moitié du XIX siècle, qui a suivi son propriétaire en Algérie et a été donnée au Musée du Bardo à Alger. Son fondateur et premier conservateur M. Reygasse (1881-1965), originaire de Lacapelle-Marival avait pour ami le docteur Cadiergues qui a toujours vécu dans ce village. Tous deux firent de nombreux échanges et c’est ainsi que quelques pièces de la collection Paysan sont revenues en France. Retrouvées dans les greniers du château de Lacapelle-Marival elles ont été déposées au Musée National de Préhistoire où elles sont toujours conservées. Les pièces ayant un lieu précis de découverte ont été récemment publiées (Turq 2014).

Toujours sur les plateaux, mais en 5 lieux différents, quelques bifaces d’une quinzaine de centimètres et de rares grands éclats ont été mis au jour (Humbert 2015), souvent à patine blanche poreuse. Malgré le petit nombre de pièces connues, la commune de Duravel comme l’ensemble des plateaux dominant la vallée de la Thèze (depuis Cassagne jusqu’à son confluent) et celle du Lot (de Puy-l’Evêque à Fumel) est la zone la plus riche en Acheuléen de tout le Quercy.

 

 

PALÉOLITHIQUE MOYEN (250 000 à 40 000 ans)

 

C’est l’époque où l’Homme de Néandertal parcourait la région à la chasse de grands herbivores. Des restes humains lui appartenant ont été trouvés dans les années 1950 à Monsempron (Lot-et-Garonne) et à Gavaudun dans les années 1980. D’autres sites ont été fouillés à Trentels, Saint-Georges, Lavaur et Mazeyrolles (Turq 2000).

 

Les premières mentions remontent au tout début du XX siècle avec quelques bifaces sans localisation précise et aujourd’hui perdus : un en quartz (Mortillet 1900) et trois autres (Viré 1910).

Plus récemment J. Clottes et M. Carrière (1972) ont publié la collection de M. R. Couderc qui fut instituteur à Montcabrier. Ce sont ses élèves qui lui ont apporté les 9 bifaces et la plupart du matériel sans que l’on connaisse le lieu précis de leur découverte.

 

Pour les objets dont nous connaissons l’origine précise, comme pour l’époque précédente, les découvertes ont été faites sur les plateaux, souvent sur les mêmes sites. En six lieux distincts ont été trouvés des ensembles lithiques correspondant à des haltes brèves alors que dans les communes environnantes des occupations plus péréennes sont connues (Montcabrier, Soturac). Les bifaces parfois en quartz souvent en silex et les racloirs sont les outils les plus fréquents. Le débitage Levallois (éclat à morphologie standardisé) est bien connu. Dans tous les cas nous sommes en présence du faciès moustérien dit de tradition acheuléenne.

 

 

PALÉOLITHIQUE SUPÉRIEUR (40 000 à 10 000 ans avant le présent)

 

Les recherches menées par G. Humbert et P. Badoc ont permis de récolter quelques pièces caractéristiques de plusieurs cultures de cette période. Un fragment de pièce à dos atteste d’une présence chatelperronienne. L’Aurignacien surtout dans sa phase ancienne est comme souvent en plein air est assez bien représenté en plusieurs points. Deux pièces attestent d’une fréquentation magdalénienne. Ces occupations, brèves de l’Homme moderne sont à mettre en relation avec les sites des vallées de la Thèze, Lémance et de la Lède. Là existent de véritables habitants sous abri ou en plein air (Morala 1980) et des grottes ornées, celle de Pestillac (Sentis 1999) et l’ensemble de Combe-Nègre (Ferruglio et al. 2007).

 

 

MÉSOLITHIQUE (10 000 à 7000 ans avant le présent)

 

Cette période si bien représentée dans la proche vallée de la Lémance notamment à Sauveterre-la-Lémance et Blanquefort-sur-Briolance n’a pas encore été identifiée sur le territoire de la commune. Il est vrai que la petite taille des objets ne facilite pas les découvertes.

 

 

NÉOLITHIQUE (5000 – 2200 avant JC)

                                                

Aucune station précise n’a été identifiée, mais un peu partout sur  les plateaux existe un bruit de fond. Toutefois dans leur article du biface à la hache polie (Clottes, Carrière 1972) plusieurs pièces sont rapportables à cette période. Ce sont :

  • des grattoirs et un nucléus à lamelles aux négatifs très parallèles pourrait indiquer un débitage par pression (technique attestée à la fin du néolithique et début de l’âge des métaux qui est connue sur les plateaux de Sauveterre-la-Lémance).

- Trois haches polies. La première de 13 cm de long pour 3.9 cm de large, à section ovalaire est en roche gris-noir. Elle a été découverte par M. Faymandy au lieu-dit Bézou à Montcabrier. Les deux autres sont des fragments de haches polies en silex dont on ne connaît pas l’origine précise.

Les recherches menées par G. Humbert et P. Badoc ont conduit à :

- la découverte d’une station de surface sur laquelle ils ont recueilli des fragments de hache polie, deux pointes de flèches dont une tranchante et une à pédoncule et ailerons. Des sites bien plus importants existent dans les communes environnantes ;

- Une grotte sépulcrale a été découverte sur la commune. Malheureusement déjà bouleversée elle a livré des restes d’un adulte et un enfant (restes de calotte crânien, fragments de tête de fémur, cotés brisées et dents) ainsi que de nombreux petits coquillages.

 

Notons que la vallée de la Thèze renferme en grotte ou sous abri d’autres sites de cette période.

 

 

ÂGE DU BRONZE (2200 - 800 avant JC)

 

Nos connaissances reposent sur trois haches en bronze faisant partie de la collection Coulonges acheté par le Conseil Général du département du Lot-et-Garonne. Selon J. Clottes (1971) elles auraient été trouvées : « ... en surface dans les environs immédiat de la commune de Duravel, mais en des lieux différents. »

 

Chaque pièce correspond à un type différent et à des périodes différentes. Elles ont toutes été dessinées (Clottes 1971) :

- une hache plate en cuivre ou bronze de 7.6 cm de long et 4cm de large au niveau du tranchant appartient au Chalcolithique ou bronze ancien ;

- une hache à talon de 16.5 cm de long, le talon étant un peu plus court que la lame (7.9 cm contre 8.6 cm). Cette pièce pourrait datée de la fin du Bronze moyen et semble témoigner d’une influence des ateliers atlantiques ;

- une hache à douille de type armoricain classique (Coulonges 1955). Selon J. Clottes (1971 : 298) : «  elle a un tranchant droit, une silhouette « en coin », une douille à ouverture ovale presque rectangulaire, un anneau latéral partant de la base du bourrelet : elle ne porte aucun décor. Cette hache appartiendrait au type Dahouet ou type « sur-moyen » de la classification de jean briard et daterait du Bronze final III ou début du hallstat.».

 

Ces découvertes semblent indiquer des occupations durant une bonne partie de l’âge du Bronze. Elles semblent se situer, comme à Montayral et de Saint-Vite, sur les terrasses moyennes de cette rivière.

 

 

 

 

 

 

 

BIBLIOGRAPHIE

 

COULONGES L. 1955. Quelques considérations sur les civilisations Protohistoriques de l’Agenais. Bulletin de la Société des études et recherches préhistoriques des Eyzies, tome V  p. 41-47.

 

CLOTTES J. 1969. Le Lot préhistorique. Bulletin de la Société des Etudes du Lot, 285 p.

 

CLOTTES J. 1971. Le Lot préhistorique. (Additions et corrections). Supplément au 1ème fasc. 1971, p. 287-302, 8 fig.

 

CLOTTES J. et CARRIERE M. 1972. Du biface à la hache polie : quelques outils inédits du département du Lot. Bulletin de la Société des Etudes du Lot, fasc.2, t. XCIII, p. 43-61, 10 fig.

 

FERRUGLIO V., JAUBERT J. et LORBLANCHET M. 2007. « Deux sanctuaires ornés en Quercy : le réseau de Combe-Nègre à Frayssinet-le-Gelat (Lot). Arts et cultures de la Préhistoire. Hommage à Henri Delporte, sous la direction de R. Desbrosse et A. Thevenin, Paris, Comité des travaux historiques et scientifiques, pp. 71-82.

 

HUMBERT G. 2015. La mémoire pétrifiée, Approche d’une archéologie locale, tome 1. Imprimerie SARL Notrel Toulouse, 343 p.

 

MORALA A. 1980. Observations sur le Périgordien, l'Aurignacien et leurs matières premières lithiques en Haut-Agenais. Toulouse, école des Hautes études en sciences sociales, 1980, 191 p., ill. (Mémoire).

 

MORTILLET G. et A. de 1900. Le Préhistorique. Paris, Schleicher éd., 3 éd. 1 vol. p. 577.

 

SENTIS J. 1999. La grotte de Pestillac : découverte d’une grotte ornée à Montcabrier (Lot). Bulletin de la Société préhistorique française, 1999  96-3  p. 441

 

TURQ A. 2000. Le Paléolithique inférieur et moyen entre les vallées de la Dordogne et du Lot. Paléo, supplément n° 2, avril 2000, 456 p., ill.

 

TURQ A.  2014. Les plus anciennes occupations humaines du Quercy. Association des amis du pays de Saint-Céré, Annales des XIIé rencontres archéologiques de Saint-Céré p. 7- 20.

 

VIRE A. 1910. Présentation de silex du département du Lot. Bulletin de la Société préhistorique française, VII, p. 641.

 

 

Il ya 300 000 ans, des hominidés occupaient les bords du lot

 

De nombreux outils de taille ont été découverts sur la commune de Duravel à même le sol, souvent dans les sillons de labours.

Les prospections effectuées en octobre 1982 ont apporté :

Aux lieux dit La rive, La Gineste, Le Cuq, de l'outillage de taille datant du Néolithique

Aux lieux dit La Taillade, St Avit, de l'outillage de taille du Paléolithique ancien.

Les prospections effectuées en mai 1984 au lieu dit Gipoulou, ont ramené de l'outillage de taille datant du Paléolithique ancien ( Acheuléen Supérieur )

Les prospections effectuées en juin 1984 sur les lieux dits La Butte et Mayne Nègre ont permis la découverte d'outillage de taille du Pléolithique Moyen ( Moustérien tradition Acheuléenne )

La plupart de ces vestiges sont entreposés au Musée de Cabrerets, d'autres sommeillent dans des collections privées.

La nature de ces trésors archéologiques n'est pas précisée, ce passé très ancien appelle à des recherches plus approfondies pour une meilleure connaissance de cette lointaine époque.

Puis vint l'âge du Bronze

 

Trois haches métalliques signalées à Duravel. Découvertes en surface dans les environs immédiats de la commune de Duravel. Elles font parties de la collection privée de Maitre L Coulonges décédé depuis.

La hache à talon ( fig. 5, n°1 ) a une taille moyenne ( 16,5 cm). Le talon est à peine plus court que la lame ( respectivement 8,6 et 7,9 cm ).Malgré un léger élargissement, le tranchant reste étroit ( 3,7 cm ). Cette hache ne possède ni anneau ni le moindre décor. Sur l'un de ses côtés, le moule a laissé une rainure longitudinale ; le côté opposé présente au contraire une côte en léger relief. Le sommet est en partie cassé mais il était vraisemblablement arrondi. La seule autre hache à talon connue dans le Lot ( gisement de Mareuil, commune du Roc ), également sans anneau, avait un tranchant proportionnellement plus évasé ( 3,4 cm sur 11,5 cm de longeur totale ), un talon rectiligne et une nervure médiane ainsi que, si le dessin de Castagné est fidèle, deux autres nervures, très légèrement divergentes, d'une longeur presque équivalente à celle de la nervure centrale, qui soulignaient les bords de la hache. La hache à talon de Duravel témoigne d'une influence des ateliers atlantiques et pourrait dater de la fin du bronze moyen.

La hache en bronze à douille dessin fig.5, n°2 , est du type armoricain classique. Elle a un tranchant droit, une silhouette « en coin », une douille à ouverture ovalaire presque rectangulaire, un anneau latéral partant de la base du bourrelet ; elle ne porte aucun décor. Cette hache appartiendrait au type de Dahouet ou type « sur -moyen » de la classification de J. Briard et daterait du Bronze final III ou du début du Hallstatt.

La hache n°3 de la fig.5 est une petite hache plate ( 7,6 cm de long sur 4cm de large au tranchant), en cuivre ou en bronze. Sur une face, elle porte une série de longues cupules ou larges traits irréguliers qui pourraient être autant de défauts de fabrication(?). Chacolithique final ou Bronze ancien.